Aider les enfants à découvrir les aliments

La découverte alimentaire est un sujet qui me tient à coeur.
 
Mes quatre enfants sont tous passés par une phase plus ou moins longue de néophobie, c’est à dire une période où ils craignaient de goûter à de nouvelles choses. J’ai lu que l’enfant répète au cours de sa vie (cela commence avant la naissance) toute l’histoire de l’humanité. Il y a une expression scientifique pour ça : l’ontogenèse récapitule la phylogénèse, chaque individu répétant l’histoire de l’espèce. (Théorie de la récapitulation de Ernst Haeckel)
 
Or dans les temps préhistoriques, il fallait se méfier de nombreux végétaux toxiques, au risque de mourir prématurément. Les enfants répètent donc cette phase de méfiance… C’est normal, c’est naturel, et ce n’est pas grave ! 
Source : we are cornelius
 
Comment les aider à la surmonter sans les contraindre, forcer et aggraver le problème en y mêlant des émotions négatives ? 
Car au contraire, les punir, les forcer, les soumettre risque de perturber cette phase normale et banale, pour devenir problématique. Soit les enfants s’enfoncent dans cette néophobie ne veulent manger que des pâtes et des pommes de terre pendant des années, soit cela passe plus inaperçu, ils avalent les légumes qu’on leur pousse dans la bouche, mais développeront une aversion qui peut durer toute une vie.
Ce serait dommage !
Comment les accompagner pour qu’ils passent par cette phase le plus naturellement possible ?
 
La future maman peut déjà consommer un large éventail de mets, car certaines des saveurs parfumeront le liquide amniotique, puis le lait maternel, permettant déjà au bébé d’apprécier une variété de goûts différents. Allaiter longtemps est bénéfique pour de nombreuses raisons, et l’éveil du goût en est une.
 
Ensuite, mettre le moins d’enjeux émotionnels sur la fonction alimentaire qui est naturelle aide aussi beaucoup. L’enfant n’a pas à apprendre à manger, il a naturellement en lui l’instinct lui permettant de choisir les quantités et qualités d’aliments qui lui conviennent. Lorsqu’il refuse de goûter un aliment, ce n’est ni un caprice auquel le parent ne devrait pas céder, ni un défaut que le parent devrait corriger. Proposer et laisser l’enfant choisir parmi des aliments sains est la stratégie la plus efficace sur le long terme. La palette alimentaire sera sans doute plus restreinte pendant quelques mois ou années, mais c’est toute la relation avec la nourriture qui sera plus saine le reste de la vie. 
 
Le seul souci, c’est que notre culture ne respecte pas cet instinct en proposant des aliments dénaturés, faux, frelatés, industriels, dans un emballage le plus tentant possible pour les enfants. Les additifs sont addictifs, c’est à dire que l’enfant, stimulé par ces faux goûts perd ses perceptions sensorielles innées. 
 
Une première piste consiste à emmener l’enfant dans des lieux où les aliments sont à l’état naturel : le grand potager de Papy, les moules du bord de mer, les oeufs dans le poulailler.
Source : Deavita
 
Une deuxième piste repose sur l’observation. Les enfants découvrent beaucoup par l’exemple. Voir ses frères et soeurs, parents ou petits copains manger quelque chose et y prendre plaisir donnera confiance à un jeune enfant. Les tablées détendues, conviviales de la famille, sans télévision et sans tensions offriront un environnement propice à la découverte et au plaisir de partager un repas. 
 
Pour les légumes, les parents peuvent passer du temps à prévoir plusieurs légumes différents ce qui permettra à chacun de trouver quelque chose qui lui plaît.
Une autre stratégie consiste à reprendre l’idée des industriels en rendant l’alimentation ludique et amusante. Certes, cela demande du temps et de la créativité, mais le jeu en vaut la chandelle ! Et puis l’enfant peut participer à faire de son assiette une oeuvre d’art.
Un enfant qui aura participé au repas, à l’épluchage des légumes, la mise en place dans les plats, sur les assiettes, qui aura pu peser les aliments bruts composant une recette et mélangé la pâte aura d’autant plus envie de la goûter.
Et puis petit à petit, en partant en classe verte ou en vacances chez Mamie, en allant dormir chez un petit copain de l’école, l’enfant découvre qu’il aime les champignons… Et puis à l’adolescence, surtout s’il a l’occasion d’aller dans des restaurants terroirs plutôt que des fast food, il s’aperçoit qu’il aime aussi les endives et les choux de Bruxelles, les huitres et les ris de veau !
Sources :
Sur la théorie de la récapitulation
Des idées pour aider les enfants à traverser cette phase
Les conseils de Catherine Guégen, pédiatre spécialisée dans les neurosciences
Et la diversification menée par l’enfant, l’approche la plus naturelle de la découverte des aliments, que j’ai personnellement proposé à mes enfants

One thought on “Aider les enfants à découvrir les aliments

  1. samy9720 says:

    Bonjour et merci pour ce super blog .

    Je suis une lectrice régulière depuis de nombreuses semaines et j apprécie la qualité des articles ..

    On parle trop de peut de l association des aliments et leurs effets

    Pour moi ce qui a bien fonctionné c’est cette méthode http://bit.ly/synergiesalimentaires

    Je me permets de la poster ici car elle m’a aidée et aide des milliers au quotidien

    A bientôt sur d’autres articles

    Samy

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